Le sujet étant vaste et les débats animés et constructifs, les participants des tables rondes ont délimité le périmètre des thématiquesà celles applicables à la Métropole de Lyon.

Les propositions débattues devaient contribuer à l’amélioration du milieu de vie et du comportement du citoyen, ceci, dans un futur proche.


CONSTATS

Les premiers échanges ont permis de dégager un consensus sur le diagnostic : la croissance démographique, conjuguée à la croissance économique, exerce une très forte pression sur les ressources naturelles et contribue de façon exponentielle à l’émission de polluants de toutes sortes, dégradant les sols, l’air et les milieux aquatiques.

À partir de ce constat, deux positionnements se sont clairement dégagés : les partisans d’une croissance raisonnée et maîtrisée et les partisans de la décroissance, prônée par l’essayiste et écologiste Pierre Rahbi. L’objectif étant d’arriver à construire une éco-métropole1.

Bien que ces deux positions soient a priori irréconciliables, ce groupe a cependant dégagé des éléments de consensus sur deux points qui constituent le socle de toute politique de développement durable :

  • la nécessité d’éduquer les citoyens aux bonnes pratiques de consommation, ceci dès les classes de maternelle, grâce à l’apprentissage du développement durable !
  • l’impératif d’une volonté forte de l’État et, plus largement, des collectivités locales, dans la mise en place de politiques publiques structurantes, innovantes en matière d’écologie et de développement durable ;
  • la mise en place d’indicateurs de performance pour le suivi et l’évaluation de ces politiques.

Des thèmes majeurs ont été identifiés etrecouvrent l’essentiel des enjeux de toute politique de développement durable. Ils sont à l’évidence interconnectés et interdépendants. Ce qui amène à conclure qu’une politique de développement durable doit être systémique.

Ces thèmes sont les suivants :

 


PRÉCONISATIONS

Thème 1 – L’éducation du citoyen

✔︎ Sensibiliser les enfants dès l’entrée en milieu scolaire, mais aussi chaque annéejusqu’à la fin des études primaires

✔︎ Informer et accompagner le changement de comportement

  • Sensibiliser sur l’impact des déchetsd’emballage jetés et/ou abandonnés ;
  • informer sur la nécessité et la façon de trier ses déchets ;
  • valoriser les déchets en apprenant à les recycler ;
  • développer des jardins bio éducatifs au sein des écoles dont le terreau pourrait être composé de déchets compostés de la cantine ;
  • être didactique sur les circuits de production et de distribution en mettant en exergue l’impact carbone des circuits longs, ainsi que sur l’usage de pesticides et des modes de conservation qu’impliquent ces types de circuits ;
  • inciter aux bons usages domestiques pour limiter et rationaliser la consommation d’énergie (interrupteurs avec détecteurs de présence, extinction des appareils en veille, limitation de l’éclairage des rues la nuit pour préserver la faune urbaine et réduire les coûts, fermeture des fenêtres par température hivernale, température intérieure optimale de vie, etc.) ;
  • initier au cycle de l’eau (exemple : visite de stations d’épuration), sensibilisation sur les produits qui ne peuvent pas être recyclés et qui sont rejetés dans le milieu aquatique (pesticides, antibiotiques, détergents, micro plastiques, etc.) récupération de l’eau de pluie pour arrosages urbains notamment.(exemple de la trémie Garibaldi) ;
  • promouvoir l’usage des modes actifs (métro, vélo, marche à pied, etc.) en milieu urbain, inciter à l’utilisation de parc relais en périphérieindiquer l’impact sur le trafic automobile, surla qualité de l’air, sur l’environnement et en général sur la santé.

✔︎ Apprendre à choisir ses aliments et à manger !

  • Mettre en avant les produits bio et/ouissus des circuits courts d’une agriculture raisonnée. Indiquer sur des étiquettes distinctives (vertes / rouge), l’origine et les bienfaits pour la santé.
  • sensibiliser aux méfaits de la « malbouffe » et l’impact de la surconsommation de viande sur la santé, sur les principaux composants du repas (y compris le sucre !) ;
  • limiter la consommation de viande dans les cantines ;
  • favoriser la diversité des mets (les frites sont trop présentes !) ;
  • éviter le gaspillage en adaptant la portion journalière des enfants. Le self-service a souvent pour effet des assiettes trop garnies, dont une grande partie se retrouve à la poubelle ;
  • imposer le tri des déchets à la cantine ;

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Thème 2 – Le tri et le recyclage des déchets

✔︎ Développer en amont le tri des déchets

Il existe aujourd’hui 7 circuits de tris existants et recommandés (papiers, piles, électronique, verre, métal, déchets verts et autres) dans les décharges collectives et les containers publics mis à disposition des citoyens. Cependant il est préconisé de :

  • augmenter le nombre de containers et de bennes ;
  • mettre en place des bennes de déchets carbonés compostables dans chaque quartier ;
  • augmenter les budgets de communication(TV et presse) sur les bonnes pratiques detri et verbaliser les citoyens récalcitrants ;
  • évaluer et faire connaître l’impact carbone de la production des emballages, limiter l’usage des emballages pour en réduire la production.Modifier leurs composants en éliminant ceuxpolluants. Imposer ces critères en renforçant la législation. Cette régulation doit s’étendre et s’appliquer au périmètre européen ;
  • pénaliser lourdement les personnes indélicates dont les incivilités conduisent à des nuisances et impacts néfastes (exemple : décharges sauvages, jet de mégots, détritus sur la voie publique…)

✔︎ Faciliter toute innovation dans le recyclage des déchets

  • Accompagner la recherche publique et privée sur ces thèmes ;
  • développer la revalorisation du plastique(carburants, bâtiments, routes, etc.) ;
  • développer les filières de revalorisation(qui existent déjà) des terres rares contenus dans les batteries de voitures et autres appareils électronique (lithium, titane, nickel, lantanes, néodyme, etc.) ;
  • développer les filières de bio-ressources.

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Thème 3 – Une agriculture raisonnée et des circuits courts

✔︎ Développer les circuits courts de production et d’approvisionnement

  • Incitation publique pour la création de jardins partagés dans les quartiers, en toiture d’immeubles, pour des approvisionnements de proximité (légumes, fruits, et même ruches !) ;
  • développementdesinitiativesentrepreneurialestelles que La Ferme Urbaine de Lyon, pour les cultures maraîchères ou champignonnières ;
  • maîtrise et modification du foncier agricolepour culture biologiques par les communes(périmètre agricole protégé SAFER classification gelée depuis 30 ans) ;
  • dans les cantines et EHPAD généralisation d’une réservation d’une partie des approvisionnements aux fournisseurs et producteurs bio les plus proches, tout en respectant les contraintes budgétaires et législatives (appels d’offres, libre concurrence)
  • imposition d’un minimum de 20% (voire 50%) de produits bio dans les plats et les desserts proposés dans les cantines publiques.
  • élaboration dans les cantines publiques d’un cahier des charges d’approvisionnement (exemple : 90% Bio ; 90% local ; 90% recyclable).

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Thème 4 – Le développement des énergies nouvelles décarbonées

✔︎  Abandonner progressivement les sources d’énergies fossiles et privilégier les énergies renouvelables non polluantes

  • Relayer au niveau local les politiques d’aide favorisant la production d’énergie locale et l’autoconsommation des particuliers ;
  • développer l’autoconsommation énergétique en particulier pour les bâtiments publics(autonomie énergétique) ;
  • promouvoir les sources d’énergie photovoltaïque en équipant les immeubles et bâtiment en auto-consommation (façades, toitures…) ;
  • développer l’hydroélectricité avec des micro- centrales, si les cours d’eau s’y prêtent ;
  • inciter les déplacements en covoiturage, en voitures électriques ou à hydrogène voirepar voie fluviale (comme à Confluence !).

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Thème 5 – Des constructions plus écologiques et mieux isolées

✔︎  Éviter la déperdition énergétique et limiter le réchauffement climatique

  • Appliquer les normes de construction et d’isolation les plus récentes en vigueur (RT 2020)pour toute nouveau bâtiment, assuré par unorganisme public et indépendant ;
  • développer la végétalisation des façades et des toitures, excellent système de régulation thermique qui contribue à diminuer l’effet de serre.
  • renforcer et cibler les campagnes TV desensibilisation en faveur de l’isolation.

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Thème 6 – Des modes actifs et de la végétalisation urbaine

✔︎ Favoriser l’amélioration de la qualité de l’air par une politique publique incitative

  • Accentuer la végétalisation de la ville, notamment sur les avenues (plantation) ;
  • reprendre la végétalisation de places ou d’espaces verts urbains ;
  • inciter les citoyens à utiliser le vélo ou les modes actifs sur des trajets courts ;
  • prévoir des bus équipés de systèmes de transport de vélos à partir des hubs nodaux. Ainsi les habitants en périphérie pourront plus facilement utiliser leurs deux roues pour se rendre en centre ville sans être dissuadés par les pentes à gravir.

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